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Pourquoi je suis contre les animaux dans les cirques

J'ai un immense respect et même plus que ça pour les arts du cirque, pour tous ces artistes qui dès leur plus jeune âge ont un talent immense et fournissent des heures de travail innombrables pour des spectacles tous plus beaux les uns que les autres.

Le cirque je l'apprécie lorsqu'il est fait de numéros visuels, sensationnels, acrobatiques, d'illusions, d'ambiances auditives, ... La mise en scène d'animaux déguisés exécutant des tours grotesques, qui les ridiculisent, qui les identifient aux scènes de la vie humaine me causent un profond malaise.

Tout comme la présence d'animaux non domestiques sur les plateaux et dans les jeux télévisés, c'est souvent stupide et sans intérêt.

Par contre qu'un animateur télé emmène son chien sur les plateaux, lorsque celui-ci est habitué depuis petit et qu'il ne présente aucun signe de stress ne pose évidemment aucun problème. Mais là encore, tout chien (ou chat) n'est pas en mesure de vivre cela sans stress. Tous, ne sont pas en mesure d'y être habitués. Ceux que l'on voit heureux ou indifférents à être sur un plateau c'est que leur personnalité le leur permet. 

Au même titre que tous les chiens ne sont pas en mesure d'être éduqués pour devenir guide ou autre. C'est une question de personnalité du chien, il faut savoir reconnaître quand un chien (ou tout autre animal) fait les choses sans inconfort et avec plaisir. S'il fait les choses pour faire plaisir à son maître (soumission/ et avec plus ou moins de contrainte), ce qui n'est pas synonyme de plaisir pour autant d'ailleurs : cela lui est désagréable voir néfaste. Ou carrément si l'animal n'est pas du tout fait pour telle ou telle activité, il ne faut pas insister. 

Si les animaux sauvages n'ont rien à faire sur une scène, même élevés en captivité, même dressés, au même titre qu'on ne fera jamais vivre un poisson hors de l'eau quand bien même on lui réduirait progressivement sa quantité d'eau vital; tous les animaux domestiques ne sont pas non plus en mesure de pouvoir sans conséquences néfastes pour eux, vivre dans un environnement qui n'est pas naturel pour lui. 

Même avis pour les zoos d'ailleurs. Il m'apparait qu'assez peu ont des installations suffisantes pour recevoir les animaux qu'ils détiennent. Et n'oublions pas que la plupart de ces espèces ne vivent pas dans le climat qui leur convient.

L'annonce de la fin progressive de la présence de la faune sauvage dans les cirques itinérants ainsi que la fin de la de la présence d'orques et dauphins dans les delphinarium (inadaptés) est une grande satisfaction.

Même si le mot progressif me fait un peu peur, car on connait la lenteur administrative en France dont beaucoup vont s'engouffrer dans la brèche pour continuer le plus longtemps possible, cette avancée est un soulagement.

Les cirques sédentaires semblent pouvoir continuer malgré tout...Ce qui est regrettable car l'espace de vie et les numéros auxquels ils sont soumis ne sont de toute façon pas non plus l'idéal pour les animaux. 

La vide nomade et en cage des animaux de cirque, même s'ils ont toujours connu ça ne doit pas devenir une norme.

Etre habitué à quelque chose, s'en être accommodé et ne pas montrer de signe de rébellion (parce que dressé, soumis et respectueux) ne signifie pas que c'est bon pour leur santé morale et physique.

Il ne faut pas se leurrer, les animaux utilisés sont les plus dociles. Les plus récalcitrants, qui ont montré leur vraie nature et qui n'ont pas réussis à être dominés ne sont pas conservés par les dresseurs. Si ce n'était pas si néfaste que cela pour les animaux, les dresseurs pourraient travailler avec n'importe quel animal, hors il y a bien une sélection des plus malléables . Et malgré cela, ils restent des animaux sauvages, donc dangereux et leur maîtrise reste limitée. C'est pourquoi certains sont mutilés (dents, griffes, ...) et même sont parfois sédatés (tranquillisés) pour des spectacles, pour se rendre sur des plateaux, ou pour certaines visites de personnalités (ou journalistes qui témoigneront plus tard, de manière aveuglée qu'il n'y a pas de problèmes avec les animaux dans les cirques) qui pourront alors les toucher. 

Que la majorité des dresseurs aiment leurs animaux n'est pas à remettre en cause. Ce n'est pas pour autant qu'il faut laisser des animaux esclaves de pratiques qui ne les respectent pas. Agrandir les cages n'est pas suffisant, un tel animal ne doit pas vivre en cage quelque soit la taille. Qu'ils ne manquent de rien en terme de soins vétérinaires, de nourriture, d'eau, pour beaucoup on n'en doute pas. Mais ça ne suffit pas à leur besoins naturels de chasser, de courir, de se reproduire naturellement, de côtoyer des congénères sans l'intervention humaines et sans faire de pitreries, ....

Les dérives ne sont pas rares. Il y a de nombreux cas de mauvais traitements ou d'insuffisance de soins, ou de pratiques illégales dans plusieurs cirques y compris de renom. La frontière est infime entre les bonnes et les mauvaises pratiques tout simplement parce que même ce que nous, humains nous considérons comme "bonnes pratiques" sont tellement éloignées des simples besoins vitaux des animaux sauvages que les limites sont vite franchies. Il y a des professionnels pris en caméra cachée, par des employés, des journalistes, des associations qui montrent clairement des gens coupables de négligences, voir de mauvais traitements. Il faut bien évidemment punir ces actes. Cela ne signifie pas que des animaux en relative bonne santé physique doivent continuer de passer leur vie entre une cage, et une piste de spectacle pour seule distraction. 

Bien que des cirques montrent sur leurs réseaux sociaux qu'ils arrosent leurs animaux par temps de canicule ou qu'ils leur mettent des piscines à disposition.... C'est bien, mais pardon, ce n'est toujours pas l'idéal.

Encore une fois, j'ai un profond respect pour le métier de dresseur, pour leur savoir faire, leur fibre artistique, et toutes les compétences nécessaires méconnues de toute personne ne faisant pas ce métier de toute façon là n'est pas la question.

Améliorer le bien-être animal et augmenter les contrôles ne suffisent pas pour laisser perdurer une pratique ont on a fait le tour de toute façon. A une époque les cirques et les spectacles de rues montraient des hommes et des femmes "hors normes".... On a compris que ce n'était y respectueux, ni leur place, ni un spectacle. Très bien. Mais en fait, avec les animaux, c'est pareil.

Ces conditions de vie et ces activités, sont une forme de maltraitance animale. Le terme est fort et choquant pour certains, mais c'est un fait. La maltraitance ne se résume pas au fait de frapper un animal. Ce n'est pas parce qu'il n'est pas frappé, blessé, et qu'il est aimé de son dresseur et de ses soigneurs; qu'il est bien traité et qu'il est "bien" aimé. Parfois, on maltraite même involontairement, même sans le savoir, même s'en en avoir l'intention, même sans s'en rendre compte. 

Aujourd'hui on le sait, des études, des réflexions et des constats sont faits à ce sujet, pourquoi contester ces nouvelles connaissances ?

L'argument des conservateurs de dire que ça plait aux enfants et que c'est "instructif". Non, ça n'instruit pas les enfants de leur montrer un singe avec une jupe pour faire du vélo. On instruit un enfant sur la vie animale avec un documentaire, avec un livre, avec des photo....

Il en est de même pour le cinéma.

Le contexte n'est à priori pas fait pour que des animaux s'y épanouissent. Les conditions de tournage ne sont pas adaptés aux animaux non domestiques. Quant aux animaux domestiques (et les chevaux qui ne sont pas des animaux domestiques aux yeux de la loi mais qui sont domestiqués au quotidien), il faut là encore que le contexte de tournage soit intelligemment pensé par le réalisateur (ce qui n'est pas souvent le cas) et que les animaux les moins sensibles et perturbés par une ambiance de plateau soit finement sélectionnés ET préparés. Le contexte peut être relativement adapté et les meilleures conditions réunies, reste le contenu des scènes. Celles -ci ne devraient pas non plus être traumatisantes ni trop éprouvantes pour les chevaux...C'est pourquoi les chevaux aux cinéma, je ne suis pas non plus très favorable car souvent, les conditions ne sont pas réunies.

Je ne suis pas contre les spectacles équestres, au contraire. Mais je suis pour que la présence d'un (ou plusieurs) chevaux soit justifiée et nécessaires à l'histoire. Cela doit être présenté dans des installations prévues pour le cheval (immense carrière), à taille de besoin de se mouvoir du cheval et non pensé pour l'humain. C'est au spectateur de se déplacer au cheval et au spectacle et non au cheval de voyager pour vivre dans des boxes ou des stalles démontables et pour galoper sur la petite scène d'un théâtre ou d'une étroite piste de cirque. 

L'argumentaire que cela fait vivre des gens et que ces interdictions vont en mettre au chômage ne tient pas la route.

Est-ce une raison pour continuer ces formes de maltraitances?

De tous temps des métiers sont nés et sont morts et l'humain doit se renouveler, se reconvertir. Personne ne trouve à redire que les poinçonneurs de tickets ou que les hôtesses de caisses soient remplacés par des machines. Alors oui c'est bouleversant de devoir changer de projet professionnel, de voir le monde que nous avons connu enfant se transformer au cours de sa vie, peut-être que les projets de certains se voient perturbés, ... Dans toute profession il y a des évolutions, des choses qui naissent et d'autres qui  meurent, et cela cause du chômage que si l'on refuse de créer de nouveaux métiers. 

Il y a un terme à la mode qui est : "rebondir", alors rebondir, renouveler, repenser, évoluer, .... Tout cela est d'actualité.

Réjouissons nous de l'inquiétude que nous avons eu de nous être posé la question du bien-être animal, d'y avoir en partie répondu.

C'est déjà pas mal, quand on voit depuis quand les animaux sont utilisés .... 

Et j'entends au fond de la salle : "Et toi tu fais bien de l'équitation"!!!

Oui, bien vu inspecteur Gadget, et depuis 30 ans même. Et heureusement pour les chevaux que j'ai évolué depuis 30 ans. Evoluée dans ma pratique, dans ma connaissance du cheval, dans mon enseignement, dans mes projets avec ce sport et dans ma relation avec l'animal en lui même aussi, heureusement pour les chevaux que j'ai moi aussi revu autrement nombreux usages, revu les techniques que j'utilise, modifié au fur et à mesure de nos connaissance ma conception de la vie du cheval etc.... Et je ne suis pas non plus d'avis de nombreux cavaliers qui avancent l'argument que le cheval n'est pas un animal sauvage "c'est pas pareil!!!!"

Je ne considère pas que, parce que le cheval n'est pas un animal sauvage on peut sans scrupule le faire vivre dans des conditions trop éloignées de ses besoins naturels et lui faire faire des choses contre nature, de manière intensive et à outrance toute sa vie. 

C'est peut-être même les connaissances acquises dans mes recherches et mes études auprès des chevaux (merci les scientifiques, éthologues, vétérinaires,....) que j'ai pu prendre conscience de ce que cela pouvait représenter pour les animaux sauvages et que j'ai pu mettre des mots et des arguments sur ce que je voyais du cirque et des zoos et qui ne me plaisait instinctivement pas. 

 

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