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Difficultés économiques de la filière équestre en rapport avec le Covid-19

L'arrêt des activités sportives en raison de l'épidémie de Covid-19 se traduit et impacte de différentes manières chaque structure de la filière équine selon son profil.  

Pour les centres équestres et les poneys clubs c'est pour beaucoup un double problème. Des charges qui demeurent et des recettes en baisse.

Les recettes sont diminuées des animations, des stages, des concours....  Reste, les forfaits que les cavaliers acceptent de régler en soutien à leur club alors même qu'ils ne peuvent pas monter. Pour ça, chaque club propose un peu ce qu'il peut, des avoirs, des rattrapages dès la reprise des activités....Il reste également les pensions des chevaux de propriétaires dont les clubs ont la charge....Si le club propose des pensions c'est souvent en nombre limité car cela est une activité secondaire. Contrairement à beaucoup d'entreprises, le recours au chômage partiel n'est quasiment pas possible car il faut du personnel pour s'occuper des chevaux qui n'ont pas pu être envoyés au pré. Il faut toujours payer aliments et fourrages, remboursements d'emprunts éventuels, etc....

Ces structures, qui déjà hors crise sanitaire vivent sur un mauvais modèle économique incitant à pratiquer des prix bas face à une concurrence importante et d'un choix à court terme de privilégier d'élargir l'accès à la pratique à des budgets plus modestes. Beaucoup de clubs vivent à découvert ou à l'équilibre, leurs dirigeants ont souvent des revenus très faibles quand ils en ont.  Concrètement, pour les structures les plus fragiles, trois mois d'arrêt, la faillite est assurée....Chaque mois supplémentaire verra grossir le nombre de clubs contraints à la fermeture. Ces clubs ont des pratiques tarifaires qui ne permettent pas une trésorerie confortable.

Les écuries de propriétaires qui font exclusivement de la pension, sont probablement les moins impactées. Là  encore chaque profil est différents, il n'y pas deux cas pareil. Dans l'ensemble, elles ont toujours les chevaux en pension qui génèrent des recettes, elles peuvent même facturer les sorties de chevaux plus nombreuses du fait de l'interdiction pour les propriétaires de venir monter eux-mêmes leurs chevaux. Ces écuries pour la plupart donnent également des cours, désormais impossibles, certaines font du commerce ou de la valorisation de chevaux, devenus là encore, impossible. Les pensions et sorties de chevaux encaissées suffisent-elles à couvrir les frais de fonctionnement, les charges de personnel et les revenus du dirigeant ?...Pas sûr.

Pour les professionnels itinérants (maréchaux, vétérinaires...) qui n'ont pas de chevaux à entretenir le problème est différent. Ils assurent les urgences. Une activité réduite et des revenus fortement amputés les obligent à mettre leur éventuels employés au chômage partiel. Eux se dégagent probablement un salaire moindre ou exceptionnellement pas de salaire du tout, sur une très courte période, cela peut-il être tenable? Des cessations d'activités dans ces domaines auront-elles lieu ?.... Nous verrons....

Idem pour les professionnels qui ne répondent pas du secteur de la santé, dont l'activité n'est pas une urgence et directement impactés par la fermetures des établissements au public: les entraîneurs indépendants. Pour ces professionnels libéraux, pas de droit au chômage. Pas de pensions à encaisser, ni forfaits, ni sorties de chevaux à encaisser = aucun revenu et ce pour une durée indéterminée... Là aussi de nombreuses cessations d'activités sont à prévoir.

Les selleries sont fermées, certains font encore quelques ventes en ligne, mais clairement la saison est gravement entachée. Cela ne fera pas partie des commerces utiles qui pourront ouvrir en premiers.... Avec quelles conséquences?....

L'élevage fonctionne au ralenti....

En espérant que cette catastrophe sanitaire aux conséquences économiques dramatiques permette de remettre certaines pratiques en cause. Des pratiques qui nuisent plus à la filière qu'elles ne la servent. Cela doit permettre de revoir nos façons d'exercer et de monnayer notre savoir pour valoriser des métiers et redonner à l'équitation la noblesse que ce sport qui est aussi un art mérite.

Remettons le cheval au coeur de notre pratique et de nos préoccupations, avec ce que cela implique sur son coût d'accès.

Pour ce qui est de l'urgence économique, à ce jour, les aides prévues pour les entreprises par l'Etat sont inadaptées à la filière. 

La filière s'organise et a mis en place des possibilités de venir en aide aux professionnelles affiliés à la Fédération Française d'Equitation.  

Chacun, qu'il soit cavalier ou non, peut aider la filière (en faisant un don général) ou peut faire le choix d'aider le club ou le professionnel de son choix (du moment qu'il est affilié à la Fédération), sur Cavaliers solidaires.

Vous pouvez aussi passer par la plateforme Cotis'Covid pour aider le club de votre choix (affilié à la Fédération et inscrit sur la plateforme).

Si vous ne souhaitez pas passer par le net, par une plateforme, laisser vos coordonnées et ouvrir un énième comptes, payer en ligne etc.... CONTACTEZ DIRECTEMENT LE CLUB OU LE PROFESSIONNEL QUE VOUS SOUHAITEZ AIDER.

D'avance merci à tous ceux qui participeront.

 

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